Repeal the 8th !

L’autre jour, en rentrant du travail, j’ai vu des panneaux pour des manifestations pro-avortement et anti-avortement. Ça a fait tilt dans ma tête et je me suis dit que je devais aborder ce sujet sur le blog, car après tout, il me touche en tant que femme et reflète aussi ce qui se passe dans la vie de tous les jours en Irlande.

Au cas où vous ne le sauriez pas, l’Irlande est l’un des quatre pays de l’Union Européenne à encore interdire l’avortement sur son sol. C’est même celui qui a la politique la plus stricte: peu importe les raisons pour lesquelles une femme souhaite terminer sa grossesse (viol, risques pour la mère ou le bébé), c’est illégal. En 2016, 3265 irlandaises  ont dû prendre l’avion pour aller en Angleterre pour se faire avorter. Imaginez le prix pharamineux du voyage (entre le billet d’avion, la nuit sur place et les frais médicaux) mais plutôt la détresse de ces femmes, obligées d’avorter en 48h, seules, sans aucun suivi médical par la suite. Imaginez le traumatisme !

Depuis plusieurs semaines, les deux camps manifestent chacun de leur côté en vue du référendum du 25 mai prochain. Tous les week-ends, des bénévoles se postent dans les rues fréquentées de Dublin et même dans les petites villes autour pour distribuer des prospectus. Il y a les pro-life et pro-abortion, ceux qui veulent Repeal the 8th Amendment, c’est-à-dire abroger la loi qui empêche les femmes d’avoir la liberté de choisir. 

L’autre jour, j’ai dû traverser une foule de manifestants pro-life et j’étais écoeurée de voir des femmes, des enfants, des jeunes, défiler contre un droit qui est pour moi, fondamental. Je conçois que l’on puisse avoir des croyances, que l’on puisse se sentir coupable à l’idée de retirer un foetus du ventre de sa mère. Moi-même, je serais face à un dilemme et peut-être n’aurais-je pas le courage de passer à l’acte. Mais dans tous les cas, ce serait MON choix, pas ceux d’étrangers qui veulent décider à ma place. Si certaines femmes ne veulent pas avorter et préfèrent garder un enfant sans le vouloir, c’est leur choix. Si certaines familles refusent que leur fille, leur soeur, leur cousine avortent, soit. Mais ce n’est pas à eux de décider pour une inconnue, sans rien savoir de son passé et des raisons qui la poussent à choisir cette option. Chacun doit vivre avec sa conscience et ne pas retirer aux femmes la liberté d’avoir ce choix, encore moins si cela les met en danger !

Sur-ce, je vous laisse avec l’émouvant poème « It Shouldn’t Be This Hard« , de Eva O’Connor (désolée pour les non-anglophones, je n’ai pas réussi à trouver de sous-titres en français).

"It Shouldn't Have To Be This Hard" by Eva O'Connor

Great Britain legalised abortion laws 50 years ago, but for Irish women, it’s still against the law.

Publiée par BBC Three sur lundi 30 octobre 2017

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